179 jours à la 203

Les larmes du béton coulent!!

9Mai 2007, le monde s'écroule, ma vie, ma vision de l'homme et de sa justice, l'enfer commence, et le mot est bien faible... Les mots qui vont suivre ont été écrits dans les murs, dans ma solitude, mes doutes, dans mes larmes parfois, ma rage bien souvent, dans l'enfer carcéral, larmes de béton, larmes d'un homme enfermé durant 179 jours. Je vous souhaite un bon voyage, où plutôt bienvenue dans ce monde opaque, glauque, où tout s'entremêle, tout se mélange. La notion de survie prédomine parfois, de mourir bien souvent, sur le moment à l'instant précis du basculement mental, tout semble simple, vaincre où mourir!!!Soyez indulgent, intelligent, neutre, lisez ceci comme une réalité, ni plus ni moins, ne jugez pas, tachez de comprendre simplement, de vous imprégnez, de tenter de vous téléportez dans les murs, de le vivre. Avec mes mots, soyez un bref instant détenu des murs...

N.B:

Les raisons de mon incarcération, sont une gifle à une femme qui un soir a joué à des jeux Sm / Bdsm. Je suis rentré plutôt que prévu,

prise en flagrant délit, elle a pris une gifle, une simple gifle, sans trace, ni Itt. J'ai été condamné à 8 mois ferme.

Un tribunal a jugé un ancien légionnaire, pas des faits, ni une réalité, le procureur de l'époque a assouvi une vengeance perso contre la légion.

En aucun cas, n ’est resté objectif sur les faits, cette femme m’a ruiné une partie de ma vie, et au moment ou je refaisais ma vie,

l’enfer que cette pourriture a semé, m’a rattrapé, les murs sont apparus au détour d’un chemin, et ce pendant 179 jours et 178 nuits.

Sans la présence, le soutien de ma femme, de notre enfant, la folie m'aurait gagné, et les murs auraient été vainqueurs.

L’histoire de cette pourriture est sur un autre site, je laisse à votre discrétion le pouvoir de vous y rendre ou non,

Donc n’allez pas imaginer que je suis un petit voyou qui a mérité de se retrouver dans les murs.  http://voyage.voyage.ifrance.com




D

rôle de parcours, drôle de vie, drôle de nuit. Finir à la maison d'arrêt, je suis à la cellule 203 unité 2,  seul dans ces murs. Cela fait 22 nuits que je suis là, dans cet endroit, environnement précaire de 3m 60 sur 2m70.  Dans cet univers carcéral, tout se compte, et cela dès le départ, le temps n'a plus d'importance, ou plutôt n'a plus  la même mesure.

L

es premiers jours sont les plus durs, le premier parloir, mais tant attendu ce parloir. Ma vie rythmée par un bruit de clef, d'heures qui passent, qui font des jours, puis des semaines, puis des larmes parfois. Un frigo, une télé posée dessus, un lit qui n'a plus que le nom, un semblant de penderie, qui fait office de table et de garde-manger... Toutes les classes sociales et intellectuelles sont présentes dans ce monde, le petit braqueur, le casseur, le dealer, le tueur, violeur, l'ivrogne, ça c'est côté détenu. C ôté gardiens, matons, ou surveillants prenez le terme de votre choix, tout est là aussi. D'anciens para, d'autres qui ont passé un concours comme on va à la pêche, monde pathétique et ambiguë. Les jours sont des nuits, les nuits des jours, les repères ne sont plus les mêmes.

 O

n devient léthargique dans les murs,  pas que l'on devienne des moutons, loin de là, je dirais plutôt un être dans un état soporifique. humiliation de la fouille,  le fait de n'être que le numéro 5507, ce pseudo pouvoir d'une clef, d'une porte, du manque de nourriture, de nouvelles. Tous ont attend,  que la porte s'ouvre, ou se ferme, la promenade, la gamelle, le courrier, le parloir. On s'instaure chacun une façon de compter, ou d'attendre.  Il y a ceux qui se font un calendrier tous les deux mois, ceux qui ne comptent que les années, je pense à toi Patrick, tu en es déjà à 4 ans en préventive.  Tu risques d'y passer encore 15 de plus, à toi Christophe le polonais, 3ans de murs, encore 2 ici et tu pars pour 15 ans en Pologne ensuite.

A

 u début on compte, les jours, mais chose bizarre, on compte de nouveau les jours quand on approche de la sortie. Et ces jours là n'en finissent pas,  ils sont plus longs que de raison. En arrivant dans les murs les jours ne font que commencer, l’enfer dans le monde des vivants, passage au greffe, première fouille, dans les affaires déjà, ensuite sur le détenu.

S

uppression de briquet à molette, de bijoux, de papiers,  certaines fringues, et chaussures. Conduite en cellule d'isolement pendant deux jours, faut que cette micro pseudo société de mur s'organise. On ne mélange pas, faut mettre de l'ordre, état de fait que l'on ne peut inculquer hors des murs, faut laisser la trace, l'empreinte des murs, un faux- semblant de leçon, d'ordre, de règles...

S

eul leçon à retenir au final, cette hérésie de règles, de respect, est la magouille et le mensonge. Moral de murs,  leçon de vie, pour ma part je dirais simplement leçon de survie, la lois du plus fort est la meilleure.  Donc cette pseudo société trie, faut mettre dans une unité où les risques de débordements sont minimes.  On ne peut mettre un voleur de voiture avec un "pointu", les autorités pénitentiaires jugent, sondent. 

 

M

ais c'est pas pour cela que la logique trône dans ce milieu, il n'y a pas de logique, ou d'intelligence d'ailleurs. Au bout de mes deux jours d'isolement,  passage devant le chef de détention, questions débiles, posées un peu comme si tout détenu était limité côté cérébral. Suite de la visite, balancé à une unité, vient la visite chez le toubib (grand moment par la suite la médecine carcérale, grand moment de pétages de plombs surtout), service social (plus enculé que ce service tu meurs), après système demmerde toi, apprends, et compte. Prison dérision, mais tu comptes, les allumettes, les clops, le temps, le sucre, les barreaux, tu comptes. Absurdité de prison ou l’incohérence se mêle à l’incompréhension.

E

 

n cette année de présidentielle, grande année Sarkozy, la bêtise règne sur la France. On enferme à tour de bras, cela rassure le bourgeois, sous les pavés c’est pas la plage, c’est la rage.

L

 

a prison est censée calmer, faire réfléchir, réinsérer, réinsertion par la punition de la prison. Le législateur et le politicard, ont juste omis deux ou trois paramètres, 

Ø                1° la prison te réinsère, oui dans un sens, dans celui de la combine, de la truande, du troc.

Ø         2° En sortant tu deviens, à force de côtoiement de voyous et de magouilles une sorte d’anti-virus de société.

L

a société t’exclu, te fout au placard et dans ces murs. Tu apprends que tout s’achète, et que même dans ce milieu sans fric tu crèves, donc tu deviens un loup. Si par chance tu as un don de quelque manière que ce soit, tu le monnaies. Donc très rapidement tu comprends, tu t’adaptes. Une sorte de jeu de savoir, d’apprentissage, se met en place.

J

e pense à Alec lithuanien de 42 ans enfermé pour une histoire qui n’en est pas une, 42 ans et déjà 20 ans de taule, qui pour une futilité se retrouve enfermé 12 mois. ( il sortira libre le 14 septembre, expulsé de France, avec une interdiction de territoire de 5 ans). Rafa polonais de 32 ans extradé d’Angleterre, ou il laisse une femme enceinte ( elle fera une fausse couche à 5 mois de grossesse, il apprendra la nouvelle 2 mois après. Rafa encore dans les murs à ce jour), pour un soupçon de kidnapping en Corse, pas de preuves, mais enfermé en préventive. Mathieu (Mattei mes respects, un vrai de vrai, un ami, un soutien), 70 ans gentil grand père rempli de sourire, enfermé pour une histoire de voisinage. Richard polonais de 34 ans, qui voit des flics à 8 heures du mat débarquer chez lui, porte défoncée, comme s’il était un terroriste, études supérieures, traducteur un temps à Paris pour les tribunaux, en taule pour un procès en Pologne pour escroquerie, en attente de transfert ( il sera transféré, reconnu innocent, sa vie est ruinée, par ce passage en taule). Fabrice 37 ans arrivé là par nécessité de société, Thierry gamin de 22 ans pas le mauvais bougre, juste un gamin qui n’a pas su choisir ses amis. Antoine qui est tombé pour différents casses, et qui par besoin de liberté rentre dans la folie.

Et la liste est bien longue, Jean -jacques, Olivier, Jeff, Michel (18 mois ferme pour non versement de pension alimentaire), Allan, Jean...

Je ne peux tous les citer, mais ayant pour certains d'entre vous été votre prof d'informatique, pour d'autre l'écrivain public, une pensée va vers vous, une pensée de liberté, d'après mur, on se comprend.

Que retenir de la prison ?

L

es matons pour la plupart ne sont pas ici par passion, juste pour mettre le pain dans la gamelle, beaucoup de respect pour tous ceux qui sont restés humain, dérision de prison, je garde le contact avec nombre d'entre eux encore maintenant, hors des murs. Les taulards, eux enfermés par obligation.

La prison est l'exclusion, les murs remplacent l'horizon.

E

xemple de connerie carcéral, briquet à roulette interdit, on peut scier des barreaux avec, mais on peut se procurer un coupe ongle qui possède une lime. On t’enlève tes bijoux et rasoir, la peur du suicide, mais on te donne un verre, 4 rasoirs jetables, et cigarettes avec filtre. Franchement pour qui veut se foutre en l’air dans une prison, rien de plus facile, trafic de médoc, drap en guise de linceul lit en guise de potence, une vitre cassée te sert de lame, une brosse à dent trafiquée de pointe, une fourchette, et tant d’autres solutions sont a ta disposition, sans compter l’imagination d’un détenu…  

L

e courrier est lu, sortant et entrant, lois de l’omerta, de la censure, mais tu passes du courrier plus ou moins en douce via le parloir. Très vite tu apprends les magouilles, et tu passes, système D. En quelques jours tu apprends, comprends, déjoue les règles, au parloir, lieu de tous les trafics, drogue, alcool, courriers, grand moment l’avant et l’après parloir.

L

 es entraves pour une visite à l’hôpital sont un retour à l’esclavage, un passage à l’hôpital atteint le paroxysme de la dérision humaine. Tant niveau conditions humaines pour le détenu, que le manque d’humanisme de ces médecins qui pourtant ont fait serment d’hypocrate. L’espèce d’enfoiré se reconnaitra je pense, tout médecin qu’il est, espèce de saloperie en blouse blanche. Foutaise, un début d’attaque cardiaque, une infirmière qui appelle le samu, ce même samu qui refuse de se déplacer. Des matons qui remplacent les pompiers sans aucune connaissance médicale.

J

e sais maintenant ce que peut ressentir ou a ressenti un esclave avec les entraves aux pieds, c’est un art de marcher avec pour éviter de se blesser. Je revois encore l’indifférence de ces médecins, qui traitent le détenu comme un vulgaire animal, des premiers mots de ce toubib. Mots adressés aux surveillants harnachés d’un gilet pare-balles. ‘’ On va démasquer très vite sa simulation’’, et le voir sortir en riant. Pauvre con que tu es, crevure immonde de la médecine, honte à toi espèce de salaud. ( Je ferais trois alertes cardiaques durant ma détention, dont la dernière suffisamment grave, pour me foutre la trouille ).

L

es séquelles sont toujours présentes, et seront longues à guérir. Hémiplégie gauche, décoloration de la peau sur la main gauche, tension à plus de 20, jambe gauche aussi raide qu'un morceau de bois...  Cela c'est passé un dimanche, signe avant coureur et datant du mercredi, crampes musculaires des membres supérieures et inférieures, crampes à faire pleurer. 

S

eul mot de ce toubib débile, ‘’ fallait demander à me  voir à la prison’’, l’envie de lui claquer la gueule,à ce bouffon. Une infirmière, gentille, remplie de compassion, visite d’un neuro-chir, très humain, avec un brin d’humour, les deux seuls encore humaniste dans ce dédale de blouses blanches. Et les surveillants embêtés de voir la situation, qui tente de plaisanter, mais où l’incompréhension de la situation se voit sur leur visage.

E

nfermement en chambre d’isolement, attente de gardiens de la paix, faut surveiller la bête, 4 flics, une pièce lit scellé au sol, pas de tv, pas de clops, à peine un regard, tu les faits chier. L’œilleton est remplacé par une vitre, pas de porte dans cette pièce, alors envie de pisser ou de douche à la vue de ces flics. Ils vont passer leur nuit à rire de l’autre côté de la porte, déchéance humaine des deux côtés.

L

es heures passent dans la douleur de ce corps, une infirmière qui va juste passer 30 secondes. Un lever de soleil sur la ville, un autre toubib pointe son nez en fin de matinée, auscultation sommaire, pas de paroles, attitude de je m’en foutisme. Drôle d’envie, gout de sang dans la bouche, avec cette envie de cogner, cette face d’ahuri, je vais retenir de ce pantin, que les deux médaillons accrochés à sa chaine de cou et sa tunique verte.

L

 a douleur de mon corps est toujours présente, mais avec un mélange de rage, de haine, je frappe à la porte. La porte s’ouvre, ‘’je veux voir le médecin’’, près d’une heure et demie après, ce clown se pointe, ‘’je refuse tout examens supplémentaire, ramenez moi à la prison’’.  ''Ca me va, je fais l'ordonnance'' sale con, même pas un mot, juste ce sentiment de le faire chier, pauvre connard. Je préfère la douleur et le risque d'y rester, que d'être ici, choix difficile si cela se passe mal, mais sentiment de pseudo liberté. Les matons arrivent re-entraves, et menottes, traverser l'hopital comme un chien, avec ses trois matons, munis de gilets pare-balles, je garde la tête haute, je ne baisse pas mon regard, je suis légionnaire, je marche.

J

e préfère donc la douleur à cette indifférence médical, mais dans la cellule 203, y’a mon courrier, le droit de fumer et la télé. Cela paraît suscinte tout ceci, pourtant cela rassure le taulard, et empêche la folie.

Des mots qui appartiennent à d'autre, à une femme, qui a vécu la prison de l'autre côté du mur, côté liberté, si un tant soit peu liberté existe d'un côté comme de l'autre, le mur n'est-il pas omniprésent de chaque côté!!


Ceux-là sont ses mots à elle, rien qu'à elle, dans sa douleur, dans ses larmes de béton, à sa façon, avec ses sentiments, ses larmes bien souvent, sa peur tout le temps, son angoisse minute par minute, sa force, sa faiblesse parfois( le soleil l'est lui même)son sourire, sa foie et son toujours mieux et le pire je le vis, alors ce qui suit sont à elle je n'ai rien changé, rien manipulé, du brut de brut. Merci à elle à sa force je suis encore en vie grâce , pour, et surtout par sa présence""J’ai rencontré mon mari sur la toile, par hasard, au détour de quelques photos. Coup de foudre où coup de soleil, je ne sais pas quoi qu’il en soit quinze jours plus tard nous étions réunis pour ce que nous avions pris pour un toujours…. Mais la vie en a décidé autrement !!!!! Un soir, un banal contrôle de gendarmerie, au bord d’une RN et c’est le début de la fin……Garde à vue, passage au tribunal express. Et ce jeudi 9 mai, derrière les épaisses portes du tribunal, j’ai vu disparaître mon mari pour toujours. « femme de légionnaire » m’a-t-il lancé pour me donner du courage, mais je ne savais pas à ce moment la que ce serait ces derniers mots pour moi !!!!La prison est un monde dont on ne sort jamais indemne, ni le détenu, ni sa famille. Je ne souhaite à personne, même pas a mon pire ennemi, d’endurer les six mois et demi d’incarcération de celui que j’ai le plus aimé dans toute ma misérable vie.Les parloirs, l’absence, le courrier lu et filtré, le rejet par ses amis, sa famille. Une première grossesse vécue seule, un accouchement idem. Ce qui aurai du être le plus beau jour de ma vie a été le plus triste et le plus désarmant….. Une litanie de peine et de souffrance dont seul ceux qui sont passés par là peuvent comprendre le sens.La prison on ne peut que se la figurer tant qu’on ne l’a pas vécue! Mais de l’autre coté du mur ce n’est pas une cinécure non plus !!!!A partir du moment ou l’être aimé est enfermé, c’est fini ! La communication s'arrête et le doute et les soupçons, s’installent pour celui qui reste enfermé. « C’est normal » m’a t-on souvent répété, « il ne sait pas ce que tu fais, tu peux lui raconter tes journées de A à Z dans tes courriers, ce ne sont que des mots. Toi, tu es dehors, libre et tu portes son enfant. Tu pourras être la plus blanche des oies qu’il n’aura qu’une confiance superficielle, de façade, de parloirs……. » et ce que je ne savais pas à, ce moment la, c’est que mon courrier ne parvenait pas en totalité, il était filtré, histoire de faire monter un peu plus la pression. Oui mais il y a les parloirs, peut-on se dire. Une heure et demi est bien trop courte pour avoir le temps de se raconter les choses, d’autant que vous pensez que certaines sont sues car écrites dans des lettres…….qui n'arriveront jamais.Parloirs très attendus car c'est le seul moment de la semaine où l'on peut toucher l'autre se blottir dans ses bras, mais instants beaucoups trop fugaces pour tenir toute la semaine. Alors on entame les rituels, on s'imprègne du parfum de l'autre au travers du linge que l'on a récupéré pour le laver et le repasser. On met le nez dedans dès que le manque devient trop fort et les larmes roulent sur les joues sans que l'on puisse les retenir. Mais cette odeur n'est pas celle de celui qu'on aime, en réalité c'est celle des murs et de ce qu'ils feront de lui. Jamais je ne l'oublierai, ce mélange de froideur et de dureté...... On attend tous les jours le facteur avec impatience. On découpe la semaine dans sa tête, pour se rapprocher toujours de ce satané parloir  « mercredi jour de lessive! je lave, ca sèche dans la journée et le lendemain. Vendredi soir je repasse, comme ca samedi c'est nickel au matin! Plus que trois jours avant de le voir!!!  Mais mercredi ca fait aussi trois jours que l'on ne l'a pas vu!»........On apprend à compter et à organiser sa semaine pour les parloirs et les mandats. On compte tout et tout le temps, le nombre te tee-shirts, de caleçons, de chaussettes, de serviettes, torchons... de timbres, de coups de fils à l'avocat dans une journée ou dans la semaines, d'entreprises contactées pour une éventuelle semi-liberté ou conditionnelle, le nombre de parloirs reservés pour le mois, le nombre d'échographies manquées, le nombre de jours écoulés depuis l'arrestation, le nombre de jours restants, le nombre d'heures avant que l'on passe à demain.........On organise sa semaine, lundi la banque et la poste, mardi au plus tard pour le mandat. Ne pas oublier les timbres pour la semaine au cas où on n'en aurais pas assez. Mercredi le linge et réservation mensuelle des parloirs. Jeudi dernier jours ou il recevra le courrier de la semaine avant le parloir...On organise sa journée aussi en fonction de l'arrivée du facteur, mais aussi de la levée du courrier, des temps d'écriture qui ne doivent pas empiéter sur l'entretien de la maison. Mais ils deviennent de plus en plus long pour être de moins en moins productif. La douleur omniprésent bloque les mots dans le stylo, le souci de savoir comment se porte l'autre, comment va sa santé. C'est un tout qui fait que, le temps passant, les mots sont de plus en plus durs à trouver et les phrases à formuler. Sans compter que les parloirs houleux pour des mots mal interprétés, où des lettres non reçues n'arrangent rien. Le désespoir et la solitude s'installent, lentement mais surement!Même assise devant la feuille blanche ca tient aux tripes. Mais comment lui ecrire que notre amour rayonne comme une ora autour de la feuille, que toute notre ame vibre de cette ardante passion. Qu'on est éperdue d'amour et de tendresse, que c'est ce que l'on a envie de lui crier de lui faire ressentir. Que l'on meurt doucement de son absence, que rien ni personne ne peut combler cette douleur. Que chaque detail, un coquelicot, une chanson, un mot, nous ramene sans cesse a lui et nous dechire l'ame... chaque jour un peu plus. D'autant qu'il faut positiver car on sait bien que l'autre sombrera avec nous et encore pire, car les murs le poussent inlassablement vers le suicide !!!Une fois entré dans cet engrenage on s'isole de tout et de tout le monde. La vie ne tourne plus qu'autour des murs et de celui qu'ils retiennent. Et la, c'est le debut de la perdission de soi, la souffrance berce ton âme. Elle la tienl delicatement dans sa main, la lacère, lentement, à petits coups, sures, precis et bien profonds pour que.... jamais elle ne cicatrise! Le soucis est que même neuf mois après sa sortie, je compte toujours!!!!

                                  

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